
On compte plusieurs centaines d’applis pour monter les vidéos sur Android et sur iOS. Mais lesquelles sont les meilleures pour le MoJo, au regard d’un professionnel ? Pour les pratiquer toutes et former à l’utilisation de quelques unes, je vous livre ma sélection en guise de synthèse.
Le critère de base : plusieurs couches
Pour faire simple, une appli de montage pro se doit d’offrir plusieurs couches. Eliminez ainsi toutes les applications mono-piste qui ne permettent que de faire du bout à bout de petits clips. Quand bien même elles peuvent aujouter une piste audio, du texte par dessus et même des tonnes d’effets spéciaux ! Ce que les pros veulent, c’est au moins une deuxième couche pour incruster une vidéo dans une autre. Ou plus simplement pour ajouter des plans d’illustration sur une interview, en faisant ce qu’on appelait naguère un « split audio » : on continue à entendre l’interviewé, mais on remplace son image par des plans qui illustrent ses propos. Avec ce simple critère, la liste des applications de montage s’est réduite de près d’une centaine, à moins d’une dizaine recommandables. Historiquement, la première à proposer une seconde couche fut iMovie sur iOS. Si elle n’a pas sa place dans la liste ci-dessous, c’est qu’elle n’a guère évolué et fait figure de jouet très grand public aujourd’hui avec une seule couche, une gestion de l’audio insuffisante et des titres impossibles à personnaliser.
La plupart des applis de notre sélection « pro » sont disponibles dans les deux environnements Android et iOS : Adobe Rush, Kinemaster, Power Director et VN. Si elles fonctionnent sur tous les iPhones depuis l’iPhone 7, elles ne fonctionnent malheureusement pas sur tous les Android… à cause de cette fichue « fragmentation ». Quant aux deux applis de montage les plus professionnelles (CTPro et Lumafusion) elles n’existent que sur iOS, affirmant toujours la supériorité de l’univers Apple dans le domaine du MoJo. Enfin sur le plan financier, à quelques exceptions près, la majorité des applis ci-dessous sont évidemment payantes en version complète sans filigrane. Et leur modèle est de plus en plus souvent celui de l’abonnement mensuel ou annuel.
Adobe Rush (gratuit pour 3 exports, 12€/mois ou abonnement Adobe CC) – Android – iOS.
Adobe Rush (Android/iOS/Mac OS/Windows)
Petite sœur de Premiere Pro dont elle reprend une partie de l’interface utilisateur, Adobe Rush n’est malheureusement compatible qu’avec une vingtaine de smartphones Android un peu musclés, à partir du Galaxy S8. Elle est téléchargeable gratuitement sur Android et iOS mais n’autorise que trois exports de montage. Au delà, il faut s’y abonner (environ 12€/mois) ou avoir souscrit un abonnement à Premiere Pro pour en profiter gratuitement. Rush propose 3 pistes vidéos et 3 pistes audio, les effets de transition les plus basiques, et une belle fonction de ducking audio automatique (ajustement intelligent du niveau de la musique sous les interviews). Sans oublier une jolie bibliothèque de titres animés personnalisables, compatibles avec les modèles .mogrt d’Adobe. Concrètement, vous pouvez créer ou personnaliser un titre dans Premiere Pro (avec les polices Adobe exclusivement), l’enregistrer sous la forme d’un template .mogrt et importer ce dernier dans Rush. La compatibilité (via le cloud d’Adobe) avec Premiere Pro est l’intérêt principal de Rush. On commence à monter sur le smartphone ou la tablette, et puisque les montages et leurs rushes peuvent être synchronisés dans le nuage, on peut poursuivre les montages sur un ordinateur (Mac ou PC) où Rush existe aussi dans une interface plus spacieuse… Et même importer les projets de Rush dans Premiere Pro pour une post prod encore plus pro.
CTPro (15€/mois, 150€/an) – iOS
CTPro (iOS)
CTPro (prononcez « city pro ») est une application sans équivalent. Elle est née en Picardie, conçue par un passionné de télévision et de technologie, Bertrand Samimi, pour améliorer la production de la chaîne de télé locale ViaMaTélé qu’il dirige. J’aime présenter CTPro comme LA « suite applicative du MoJo ». Elle combine en effet les fonctions de caméra professionnelle (avec des options comparables à celles de Filmic Pro ou Mavis), d’outil de montage de reportage rapide (complet et automatisé), et de diffusion en streaming (y compris dans un environnement multicam). Cerise sur le gâteau, CTPro gère l’export XML de ses reportages vers Adobe Premiere Pro (Mac/PC) ou FCP X via les clés USB Sansdik iXpand. CTPro est donc une usine MoJo à elle toute seule, conçue par des gens de télévision, pour des gens de télévision, en tout cas pour des producteurs de contenus audiovisuels très réguliers. Capable de filmer en 4K à 50fps, la prochaine mouture, en fin de développement, inaugurera une fonction de zoom/recadrage automatique pour varier les valeurs de plan. E-Facto, son éditeur, propose même de fabriquer et d’intégrer dans l’appli, les synthés chartés de la chaîne ou du diffuseur… D’où son modèle économique : l’abonnement, à un montant un peu supérieur à celui des applis grand public. Du pro de chez pro ! D’ailleurs CTPro a même une sorte de grip spécial, le X-Rig, conçu par son créateur, qui fait presque ressembler l’iPhone 11 Pro à une caméra de télévision.
Kinemaster (gratuit avec filigrane, 5€/mois ou 25-33€/an) – Android – iOS.
Kinemaster (Android/iOS)

LumaFusion (32,99 €, export XML : 21,99€, abonnement StoryBlocks : 69,99€/an) – iOS.
LumaFusion (iOS)

Power Director, (gratuit avec filigrane, 5€/mois, 11€/trimestre, 38€/an) – Android – iOS.
Power Director (Android/iOS)

VN, (gratuite) – Android, iOS.
VN (Android/iOS)

Celles que je n’ai pas citées
Il y en a quelques autres, mais je n’avais aucune volonté d’exhaustivité. Je pourrais citer Enlight VideoLeap sur iOS par exemple, qui brille plus par ses effets spéciaux que par sa gestion du multicouche à des fins narratives. Et qui demeure cher (plus de 70€ à l’achat) pour ce qu’elle fait. Ou encore FeelMatic (pour Android et iOS et sur le Web), totalement gratuite pour commencer moyennant une inscription. FreeMatic fait aussi office de caméra, autorise le travail de groupe (avec abonnement à la licence « Newsroom ») et des projets commencés sur mobile, poursuivis sur ordi grâce au cloud… si l’on est prêt à s’accommoder de son interface utilisateur pas toujours limpide.
Et je n’exclus pas, bien entendu de mettre à jour cette page au fil des sorties de vraies bonnes nouvelles applis.
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