Audio

Dji Mic : 2 micros sans fil quasi pro

Après Rode, Saramonic, Hollyland et Comica, c’est au tour du spécialiste de la stabilisation Dji de proposer un kit audio sans fil à deux micros : le Dji Mic. Mais à 329 €, ce kit me paraît un tout petit peu cher pour ce qu’en attende aujourd’hui certains pros du Mojo !

Le concept et ses innovations

Pour le concepteur de gimbals -et de drones- Dji, l’idée est évidemment de fournir avec ce Dji Mic, une solution de prise de son simple aux utilisateurs de ses poignées Osmo Mobile. En s’inspirant pour cela de ce qu’ont fait d’autres marques avant lui. Le Dji Mic reprend ainsi le principe du boîtier chargeur : rangés à l’intérieur avec les deux adaptateurs pour smartphones, les deux émetteurs et le récepteur rechargent automatiquement leur batterie. Ils profitent alors d’une autonomie respective de 5 h30 et 5 heures, le boîtier leur assurant ensuite un peu plus deux recharges complètes, soit un peu plus de 10 heures d’autonomie supplémentaires. Ensuite, le boîtier doit être rechargé via un câble USB.

L’adaptateur USB-C pour brancher le RX sur un Android

Outre une prise TRS pour une capsule filaire, les deux émetteurs ont un micro intégré. Sensiblement moins larges mais plus épais que ceux du Rode Wireless Go, les émetteurs du Dji Mic profite d’un système de fixation rapide -en 1/4 de tour- et solide du petit dead-cat sur le micro intégré, sans risque de le voir tomber comme sur les modèles concurrents. Comme le Wireless Go II encore, les deux TX du Dji Mic peuvent enregistrer dans leur mémoire interne un fichier audio de secours (à – 6dB) de la prise de son. Dji a beau garantir une portée (inutile !) de 250 m entre émetteurs et récepteur -sur la bande de 2,4 GHz-, celle-ci n’est réelle qu’en ligne droite et sans obstacle : j’ai constaté qu’en tournant le dos au récepteur, le son décrochait à partir d’une vingtaine de mètres. Et il y a fort à parier qu’avec des collègues équipés des mêmes dispositifs à proximité, les interférences et pertes de signal ne manqueront pas. L’enregistrement d’un fichier audio de secours à l’intérieur des émetteurs n’est donc pas superflu ! Même si, à -6 dB, le son y a peu moins de niveau et fait ressortir le manque de grave que je déplore personnellement sur le micro intégré. Le son est clair, c’est indéniable, mais un rien trop « propre » avec surtout des aigus. Vous en jugerez dans la vidéo. Notez quand même que l’enregistrement de la copie en local dans les émetteurs peut aussi être déclenchée depuis le récepteur. Pratique quand on découvre un problème durant la prise en « monitorant » aux écouteurs, et que le porteur du micro est déjà éloigné…

Autre innovation, le récepteur (RX) est doté d’un écran tactile. Ce dernier demande à être apprivoisé pour régler les niveaux d’enregistrement et de monitoring, pour déclencher à distance l’enregistrement de la copie de secours sur chaque émetteur si besoin, désactiver (muter)/réactiver chaque émetteur, ou formater leurs mémoires internes (capables de stocker jusqu’à 14h d’enregistrement). Et surtout, c’est depuis l’écran tactile du récepteur qu’on choisit le mode d’enregistrement : au choix stéréo, mono, ou mono avec une piste de sécurité à – 6 dB (Safety Track). Mais attention : ces modes ne fonctionnent pas avec tous les appareils !

Pas de stéréo pour l’iPhone

Le Djic mic est fourni avec un câble TRS/TRS pour connecter le récepteur aux appareils photo et caméras numériques. Pour les smartphones, son boîtier abrite deux tout petits adaptateurs à venir installer à la place de la pince cold-shoe du récepteur, afin de le brancher sur le connecteur Lightning (iPhone) ou USB-C (Android) du smartphone. Attention : ces deux adaptateurs ne demandent qu’à être égaré !

Mais ce qu’il faut savoir c’est que sur un iPhone, le Dji Mic n’enregistre qu’une seule piste en mono, jamais en stéréo. Quand bien même les deux micros sont utilisés. Alors qu’un sur un appareil photo via le cordon TRS, ou sur un Android avec l’adaptateur USB-C, la séparation des deux micros sur les canaux L/R de la stéréo est prévue. Mieux, le récepteur peut inverser l’enregistrement des canaux en R/L si besoin. Enfin, sur ces appareils dont la connectique permet bien l’enregistrement de canaux séparés, le récepteur propose un troisième mode Mono avec Safety Track, ou l’une des deux pistes double la prise de son avec une piste de secours à -6 dB (comme sur le Lark 150 d’Hollyland).

Seuls les Android profitent de l’enregistrement stéréo des canaux séparés

Pro ou pas pro ?

Le Dji Mic est donc bien pratique pour une forme de MoJo « grand public ». En particulier pour les utilisateurs de poignées Osmo récentes : si leur smartphone n’est pas trop grand, la poignée pourra le supporter avec le récepteur sans fil du Dji Mic. On notera au passage qu’à l’instar de Boya, Comica ou Saramonic avec son Blink 500 RXDi, plusieurs fabricants chinois proposaient déjà des récepteurs miniatures à connecter sur la tranche du smartphone pour utiliser facilement un kit micros sans fil avec une poignée type Osmo. Dji fait ici le choix d’un plus gros récepteur avec nombre de réglages et de contrôles. Ceux qui utilisent surtout des cages (type Beastgrip, Smallrig…) pour porter leur smartphone avec différents accessoires seront eux dans l’incapacité d’utiliser le Dji Mic : son récepteur nécessite en effet d’être collé au connecteur du smartphone. Enfin ceux qui, comme moi, attendaient la possibilité d’enregistrer sur leur iPhone deux micros séparément sur les canaux L/R de la stéréo, ils devront continuer, au choix :

  • d’utiliser le Rode AI Mic
  • de troquer leur iPhone contre un Android ou un DSLR
  • ou attendre une évolution du Rode Wireless Go II qui propose de séparer les canaux sur iPhone, comme il le fait déjà sur le port USB-C des Android.

Il est donc urgent d’attendre. Parce que d’autres kits sans fil équivalents débarquent dans les semaines à venir, tels le Blink900 B2 de Saramonic. Et qu’on commence même à trouver des sans fil pour smartphone à moins de 50€, qui sans offrir toutes les fonctions de ces kits  un peur « pro » visent un public de plus en plus large avec une qualité de son satisfaisant pour les réseaux sociaux.

Laurent Clause

Laurent Clause

Journaliste par vocation, spécialiste des nouvelles technologies depuis la fin des années 80, je suis devenu réalisateur d'images et formateur (à la vidéo en général et à la "vidéo mobile", sur smartphone, en particulier). J'ai enseigné le MoJo à l'Ecole de Journalisme de Sciences-Po Paris et interviens avec ma société Milledix notamment à Gobelins l'Ecole de l'Image, pour Samsa, le groupe CapCom ou aux Antilles et à la Réunion pour Inzy-Learning . J'enseigne l'écriture audiovisuelle, le montage avec FCP X, Adobe Premiere Pro ou Da Vinci Resolve et bien sûr la vidéo mobile, le MoJo (mobile journalism), le tournage avec Filmic Pro, Open Camera ou autres et le montage notamment avec Adobe Rush, LumaFusion ou VN..

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