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Gimbal : le Feiyutech G6 Plus se charge de tout !

Costaud et endurant, le G6 Plus de FeiyuTech est le premier stabilisateur grand public en mesure de soutenir différents appareils sans faillir. Un gimbal semi pro, bien plus endurant que les Zhiyun Smooth et autres Dji Osmo Mobile. Coup de cœeur.

Pour en posséder plusieurs, je peux affirmer qu’aucun de mes gimbals ne supporte correctement un micro ou une optique en plus du smartphone sans perdre petit à petit son horizontalité, et ce plus ou moins rapidement. Pas étonnant que Soderbergh et Lelouch se soient tourné vers les gros stabilisateurs, ceux conçus pour supporter des caméras ou des DSLR, pour mettre dessus leur smartphone « cinéma » dans des petites cages et affublés de différents accessoires…

Le G6 Plus est de la même famille, dans une moindre mesure, capable de stabiliser aussi bien une Go Pro et un smartphone qu’un petit appareil photo numérique pour une charge maximale de 800 g. Il est donc un tout petit peu moins costaud qu’un DJI Ronin SC capable lui de supporter certains DSLR, mais en revanche un peu moins cher (moins de 250 €). Feiyu le livre dans une valisette qui contient aussi un support pour les caméras d’action, un grip léger -en alu- pour smartphone, un câble micro USB pour recharger sa batterie… Mais pas de mini trépied (vendu en option), pourtant bien pratique pour installer et bien équilibrer la « caméra » choisie sur la poignée. Sans atteindre le niveau de complexité d’un stabilisateur pro comme le DJ Ronin MX de DJI, qui nécessite au bas mot 30 minutes d’équilibrage avant d’être utilisable, le réglage du G6 Plus est autrement plus long que celui d’un Osmo Mobile : ici, il convient d’abord de visser fermement la « caméra » à une semelle extractible, de la remettre en place avant d’équilibrer le dispositif sur trois axes… Opération fastidieuse mais essentielle : plus précis est l’équilibrage, moins les moteurs du stabilisateur seront sollicités et plus longtemps ils vivront !

La poignée du G6 Plus intègre évidemment un pas de vis à sa base pour être vissée sur un trépied ou accueil un bras magique et des accessoires. Elle intègre aussi un mini écran LCD qui affiche des informations de base (état de charge, type de connexion…), le traditionnel joystick, mais aussi un bouton pour changer de mode. Par défaut, le G6 Plus est en mode « pan only » : impossible de l’incliner, seulement de le faire pivoter horizontalement pour des panoramiques fluides. Une double tape sur son bouton de mode déverrouille le tilt pour incliner la caméra en avant ou en arrière (plongée/contre-plongée). Sou le bouton de mode, un bouton Record (qui ne fonctionne qu’avec l’appli Feyiu ON disponible pour iOS et Android.) Et sur le côté de la poignée, un port mini USB pour recharger le stabilisateur, et à l’arrière deux boutons dont un « slider » pour modifier l’horizontalité. J’ai trouvé ce dernier bien pratique, trop habitué à voir mes DJI Osmo Mobile pencher progressivement à force d’être surchargé d’accessoires. En réalité, même avec un micro canon et/ou une optique sur mes smartphones, je n’ai jamais eu besoin de rectifier l’horizontalité du G6 Plus dont les moteurs semblent un peu plus robustes que ceux des gimbals très grand public.

En revanche, j’ai rapidement renoncé à utiliser l’application Feiyu ON. Conçue pour piloter l’ensemble des stabilisateurs de la marque, des entrées au hauts de gamme, elle remplacerle joystick pour incliner le stabilisateur à distance sous tous les axes. Mais elle ne permet pas de réaliser de motion timelapse avec le G6 Plus. Ni surtout de filmer dans d’autres cadences que celles du standard vidéo NTSC (30 fps -voire 60 fps sur iOS seulement). Sur ce point Feiyu rejoint les autres fabricants chinois de stabilisateurs (DJI et Zhiyun notamment) qui continuent d’occulter les cadences européennes du standard vidéo PAL (25 et 50 fps). J’ai donc préféré recourir à Filmic Pro pour enregistrer, tant pis si l’application caméra vedette ne peut être interfacée avec la poignée pour piloter certaines de ses fonctions comme le font le Zhiuyn Smooth 4, le Movi FreeFly ou l’Osmo Mobile de DJI. Notez aussi que l’appli Feiyu ON permet de communiquer via Wifi avec certains modèles d’APN ou caméras d’action (GoPro, Canon, Panasonic et Sony) pour piloter leur focus et leur zoom depuis la molette sur le côté de la poignée. Malheureusement je ne suis équipé d’aucun des modèles en question et n’ai donc pu profiter de cette fonction. Je me suis contenté de tester la poignée avec un petit APN Sony, une GoPro Hero 4 et différents iPhones chargés d’accessoires. Comme ci-dessous.

Car outre sa pluri-compatibilité (smartphones, caméras d’action et APN compacts), le principal intérêt du G6 Plus, à mes yeux, tient à la robustesse de ses moteurs qui lui permet de soutenir et d’équilibrer sans faillir un smartphone (même grand format comme un iPhone 8 Plus ou un XS Max) augmenté d’une optique et même d’un micro externe… ce que ne font pas les gimbals grand public sans pencher ! J’ai ainsi pu fixer et transporter une lentille anamorphique -voir la vidéo ci-dessus- ou un télé-objectif  et en prime parfois le récepteur de mon Rode Wireless Go. Bref le G6 Plus est un stabilisateur idéal pour les reportages et les interviews en mouvement. Même dans les positions un peu extrêmes. Avec une GoPro ou un iPhone, aucun souci par exemple pour basculer la nacelle et tenir la poignée inclinée vers le bas pour réaliser des travellings au ras du sol.

Enfin, à l’usage, le G6 Plus s’avère très endurant. Eteint régulièrement, sa batterie nous a permis de filmer tout un après-midi sans voir diminuer son témoin de charge. FeiyuTech annonce une autonomie de 12 heures pour sa poignée… Bien plus qu’il n’en faut, même si le chiffre est sans doute légèrement surévalué. Quoi qu’il en soit, je suis en passe en ce qui me concerne de mettre en vente mes Osmo Mobile 1 et 2 ainsi que mon Zhiyun Smooth 4 maintenant que j’ai découvert ce G6 Plus, qu’in trouve aussi bien sur Amazon que sur le store de Feiyu.

Laurent Clause

Laurent Clause

Journaliste par vocation, spécialiste des nouvelles technologies depuis la fin des années 80, je suis devenu réalisateur d'images et formateur, formateur vidéo smartphone en particulier. J'interviens avec ma société Milledix ainsi notamment qu'à Gobelins l'Ecole de l'Image, Sciences Po Paris et pour le groupe CapCom. J'enseigne l'écriture audiovisuelle, le montage avec FCP X ou Adobe Premiere Pro, et je forme à la vidéo-mobile, au MoJo (mobile journalism), au tournage avec Filmic Pro, Open Camera ou autres et au montage notamment avec LumaFusion, Adobe Rush et Kinemaster.

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