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Checksub : sous-titrage et traduction à 18€ de l’heure

La plateforme française checksub.com propose des services de sous-titrage et traduction professionnels pour les vidéos, pour environ 18€ de l’heure. Est-ce que ça vaut le coup (coût) ?

Je ne l’avais pas citée dans mon article sur les solutions de sous-titrage des vidéos. Alors la start-up française checksub.com m’a invité à jeter un œil à ses services payants. J’ai donc commencé par aller voir ses tarifs. Le ticket d’entrée est à 18€/mois, loin des solutions gratuites que je tentais de mettre en avant dans mon article. Mais pour 18€, checksub.com donne droit à 1h par mois de transcription et de sous titrage, mais aussi de traduction en une langue étrangère. Soit un coût de service à 18€ de l’heure.

La galère du sous-titrage

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, sous-titrer une vidéo « manuellement », sans assistance, est une opération fastidieuse et particulièrement chronophage. Elle consiste 1) à transcrire -en l’écoutant attentivement- le contenu audio d’une vidéo en un texte dactylographié 2) qu’on incruste ensuite, morceau de phrase par morceau de phrase, sous la forme de titres en corps 20 à 24 dans le tiers inférieur des vidéos via le logiciel de montage. Avant généralement 3) de réexporter la vidéo avec les sous-titres incrustés dans les images (« burned » disent les anglo-saxons). Et ceci ne vaut que pour la transcription, c’est à dire le sous-titrage dans la langue d’origine du speech analysé. Pour une traduction du sous-titre, vous devez refaire les trois étapes et générer une autre vidéo en incrustant la traduction en lieu et place des sous-titres originaux.

Sauf à héberger vos contenus sur une plateforme comme YouTube : là les sous-titres ne sont pas incrustés dans les vidéos mais affichés par dessus, en option, en autant de langues que vous le souhaitez… Du moment que vous y consacrez le temps nécessaire. Et le temps nécessaire au sous-titrage justement, représente rapidement beaucoup d’argent! La plateforme de Google mâche certes le travail de transcription en mettant à votre disposition gracieusement l’intelligence artificielle de son module de reconnaissance. Mais vous n’échapperez pas à une relecture méticuleuse du résultat car les erreurs et imperfections sont nombreuses. La transcription est parfois « phonétique » et très approximative. Quant au découpage des pavés, fait sur le nombre de caractères sans souci de rythme lexical, il mérite d’être ajusté lui aussi. Et c’est ce qui prend le plus de temps : comptez pour cela un investissement en temps de 10 pour 1, soit une trentaine de minutes de manipulations pour sous-titrer une vidéo de 3 minutes.

Ajustements inévitables

Quand bien même vous recourrez à une autre plateforme de reconnaissance/sous-titrage automatique gratuite comme Headliner.app par exemple, vous devrez là encore corriger, re-découper, recaler les sous-titres avant de pouvoir télécharger une vidéo avec les textes incrustés. Même investissement de temps ici : 30 minutes au moins avant de télécharger une vidéo de 3 minutes sous-titrée.

Voilà pour la seule transcription assistée. Malgré l’existence chez Google d’un module Traduction en ligne, gratuit et plutôt performant, ce dernier n’est pas relié à YouTube à ce jour. Et c’est vous qui devrez fournir à YouTube, sous la forme d’autant de fichiers .srt, les traductions des sous-titres que vous souhaitez pouvoir afficher en option.

Sur la base de l’expérience que j’ai du sous-titrage manuel, sans outil, pour certains de mes clients, j’ai fait un calcul. Pour transcrire (manuellement) et incruster 1 minute de speech dans un logiciel de montage, il me faut 10 bonnes minutes de manipulations. Pour une heure de vidéo, il me faudrait donc pas loin de 10 heures de travail ! Et pour traduire et incruster ensuite cette heure de speech, il me faudrait quelques heures de plus… sans garantie aucune que ma traduction tienne la route, même avec l’aide de Google Trad.

Le temps c’est de l’argent

18€ de l’heure, traduction comprise, c’est donc plutôt raisonnable ! A titre de comparaison, l’application smartphone MixCaptions (pour iOS et Android) qui propose transcription et sous-titrage revient à 15€/h… Sans traduction. Si vous trouvez qu’une heure/mois c’est trop peu, sachez que Checksub propose une autre formule à 45€/mois pour 3 heures de transcription et traduction. Et facture également 12€ HT l’heure supplémentaire pour des projets spécifiques.

Si vous voulez tester les fonctionnalités de Checksub, il est possible de le faire gratuitement pendant une période d’essai de 7 jours et pour 60 minutes de transcription au maximum. Cela vous coûtera juste une inscription via un formulaire… hélas en anglais, comme une partie de l’interface de la plateforme d’ailleurs.

Comment fonctionne Checksub

Une fois connecté, on téléverse (« uploade ») une vidéo sur la plateforme qui analyse sa piste audio dès que vous lui en avez indiqué la langue originale. L’analyse prend entre 5 et 10 minutes pour 1 minute de vidéo. L’acuité de reconnaissance de Checksub est plutôt bonne, sans être parfaite et il nécessaire de corriger le texte par endroits et surtout d’ajuster la  coupe des phrases. Avec juste un bouton Play sur la vidéo, mais sans outils visibles pour éditer le texte, l’interface déroute de prime abord ! En réalité, des raccourcis clavier -cachés derrière le bouton d’Aide, le ? en haut de la fenêtre- servent de commandes qu’il faut avoir mémorisées. N’hésitez pas à scroller la page de l’Aide pour découvrir la version française du mode d’emploi et ses commandes, pas forcément évidentes. Familier du montage -avec la barre d’espace pour Play/Stop dans FCP X ou Premiere-, j’ai eu pour ma part un peu de mal à adopter la touche Tab pour faire la même chose dans Checksub.

Avec quelques bugs mineurs à corriger et un cruel besoin d’être francisé (pour un outil français, c’est bien normal !), Ckecksub est une plateforme prometteuse, la première à ma connaissance à traduire après avoir transcrit le texte.

Laurent Clause

Laurent Clause

Journaliste par vocation, spécialiste des nouvelles technologies depuis la fin des années 80, je suis devenu réalisateur d'images et formateur, formateur vidéo smartphone en particulier. J'interviens avec ma société Milledix ainsi notamment qu'à Gobelins l'Ecole de l'Image, Sciences Po Paris et pour le groupe CapCom. J'enseigne l'écriture audiovisuelle, le montage avec FCP X ou Adobe Premiere Pro, et je forme à la vidéo-mobile, au MoJo (mobile journalism), au tournage avec Filmic Pro, Open Camera ou autres et au montage notamment avec LumaFusion, Adobe Rush et Kinemaster.

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