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Kase : des téléobjectifs abordables

Moins connue que Moment ou Sandmarc, la marque Kase propose une gamme d’optiques pour smartphones de qualité honorable et à prix assez raisonnable. J’ai commandé et testé deux téléobjectifs de 135 et 300mm.

Quand on demande aux vidéastes avertis ce qui manque à leur smartphone pour rivaliser vraiment avec une caméra, la réponse qui revient le plus souvent est « le zoom ». Par « zoom », il faut entendre des longues focales, qui permettent de cadrer le sujet serré et d’obtenir du même coup un peu de flou en arrière plan, en restant un peu éloigné sans venir lui coller la caméra sur le nez. Pour cela, il faut compter une centaine d’euros pour un téléobjectif de qualité, signé Moment ou Sandmarc, destiné à quelques smartphones triés sur le volet. Pour moins cher, les optiques « universelles » sensées s’adapter à tous les smartphones, produisent souvent des horreurs, avec au mieux du flou dans les coins, au pire des images déformées et des aberrations chromatiques. En langage familier de photographe, on appelle cela  des « culs de bouteille ».

Et bien j’ai peut-être trouvé un intermédiaire entre les optiques haut de gamme plutôt cher, et les culs de bouteille bon marché : les lentilles Kase. La marque est philippine et distribue ses produits via quelques grossistes en ligne comme Iographer, ou sur sa page Facebook où vous vous apprécierez la conversion en euros des prix affichés en peso philippin (Ex : 7990 PHP = 138 €). Pour clore le chapitre « porte-monnaie », sachez que j’ai payé beaucoup moins cher les optiques Kase testées dans la vidéo ci-dessus  en les commandant chez Ali Express sur la boutique Ilovephoto. (pour 54 et 84 € au lieu de 95 et 135 €).

Kase propose ainsi une grosse dizaines d’optiques pour smartphones (Fish eye, plusieurs grand-angles et téléobjectifs, une anamorphique), différentes coques pour en équiper tous les iPhones depuis le 6 Plus, la plupart des Huawei depuis le S10 et quelques Samsung, mais aussi des filtres, et quelques compléments optiques pour l’Osmo Pocket de DJI. Pour ma part, obsédé -je l’avoue- par les plans très serrés, j’ai commandé un 135 mm ainsi qu’un super téléobjectif de 300 mm. Avec l’idée d’en équiper un iPhone 8 Plus, sur son optique standard mais aussi sur son téléobjectif afin de doubler la valeur (270 et 600 mm).

Les objectifs sont joliment livrés dans de belles boites avec de beaux pochons protecteurs épais. Mais, comme chez Sandmarc, il sont un peu difficiles à visser sur les coques fournies, avec toujours le risque de fausser le filetage. Il faut prendre son temps. Pour la qualité des images, je vous laisse apprécier la vidéo. En résumé, j’ai davantage été séduit par le 135 mm qui fait bien le job aussi bien sur l’optique standard que sur le télé de l’iPhone 8 Plus. Je n’ai guère eu le temps de faire des portraits (à part de moi-même en fin de fin de vidéo), mais je suis assez convaincu. Moins, en revanche pour le 300mm, qu’il vaut mieux cantonner à l’optique standard de l’iPhone. Car, devant le télé (pour obtenir l’équivalent d’un 600mm), impossible d’avoir une image nette malgré la mise au point qui se fait sur l’objectif avec une bague de focus. Mettre une longue vue devant un téléobjectif ne fonctionne pas à tous les coups. Sur ce point ce Kase 300mm fait moins bien que le Sirui 400 mm que j’avais testé il y a quelques années… dont le système de fixation propriétaire n’a malheureusement pas résisté à une chute au début du confinement 🙁

Dernier détail, comme d’autres fabricants, Kase propose deux alternatives aux coques pour équiper les smartphones de ses optiques : une pince universelle ou un cavalier à glisser et serrer au sommet de certains smartphones. Sincèrement, je ne peux que vous recommander les coques : elles ont l’intérêt de venir placer parfaitement les optiques en les collant de surcroit devant les lentilles du smartphone. Avec les pinces et cavaliers, l’image déçoit, souvent déformée faute d’avoir réussi à centrer parfaitement l’objectif.

Laurent Clause

Laurent Clause

Journaliste par vocation, spécialiste des nouvelles technologies depuis la fin des années 80, je suis devenu réalisateur d'images et formateur, formateur vidéo smartphone en particulier. J'interviens avec ma société Milledix ainsi notamment qu'à Gobelins l'Ecole de l'Image, Sciences Po Paris et pour le groupe CapCom. J'enseigne l'écriture audiovisuelle, le montage avec FCP X ou Adobe Premiere Pro, et je forme à la vidéo-mobile, au MoJo (mobile journalism), au tournage avec Filmic Pro, Open Camera ou autres et au montage notamment avec LumaFusion, Adobe Rush et Kinemaster.

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