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Sirui 400mm : maxi téléobjectif universel

Plus besoin de coller le smartphone sous le nez des sujets dont on souhaite s’approcher tout près ! Avec le téléobjectif 400mm de Sirui, n’importe quel smartphone peut voir très loin ou faire des plans très serrés avec beaucoup de flou en avant et en arrière plan… De quoi remplacer en partie le zoom qui manque toujours à nos smartphones.

Vous le savez, il est bien difficile de voir loin avec les smartphones. Les modèles à plusieurs objectifs disposent au mieux d’un 50mm pour cadrer un peu plus serré que le 28 mm standard. Quant aux optiques optionnelles proposées par Moment, Sandmarc et quelques autres, elles vont rarement au delà de 60mm. Moralité, même en plaçant une lentille 60mm devant le 50 mm d’un iPhone « Plus », X ou XS, on n’obtient pas mieux aujourd’hui que l’équivalent d’un 100 mm. Voilà pourquoi j’ai eus envie de voir de (très très) près le 400mm du chinois Sirui.

Petit a priori au départ : Sirui était pour moi un fabricant de pieds, tripodes et monopodes. J’ai découvert qu’il produisait également une série d’optiques universelles (fish eye, macro, grand angle et téléobjectif x2, ainsi même qu’une lentille anamorphique ou des filtres) pour les smartphones depuis quelques temps déjà. Avant de proposer ce fameux 400mm…

Surprise, ce super télé est universel : grâce à un drôle de grip doté d’un bras articulé, il peut venir positionner le support de l’objectif devant la lentille de n’importe quel smartphone ! Certains se réjouiront de cette compatibilité « universelle », quand les puristes argueront que les bons objectifs des marques citées plus haut, sont toujours destinés à quelques modèles de smartphones pour lesquels leurs propriétés optiques ont été savamment mises au point.  Je m’étais amusé, il est vrai, à tester le 50 mm Sandmarc -vendu exclusivement pour l’iPhone- devant la lentille d’un Samsung Galaxy S8 et d’un P20 Pro… j’avais obtenu une image épouvantable, déformée, avec des aberrations chromatiques et du flou dans les coins. Et bien dîtes-vous que ce 400mm universel nous a fait plutôt bonne impression, en produisant des images assez correctes sur 3 des  4 smartphones avec lesquels nous l’avons testé : iPhone 8 Plus, Nokia 5 et Samsung Galaxy S8. La vidéo ci-dessus et les captures tout en bas qui en sont extraites en attestent. Nous avons juste rencontré un souci avec le Huawei P20 Pro, avec beaucoup moins de piqué en présence du 400mm et une balance des blancs totalement modifiée (image saturée). Au point d’avoir dû rattraper tant bien que mal l’image avec un étalonnage sévère.

Pour le reste, l’objectif nous a emballé, en montrant plusieurs intérêts :

  1. telle une paire de jumelle, il permet de voir des détails très éloignés ;
  2. il permet de réaliser des plans très serrés (très gros plans visage par exemple) sur des sujets situés à trois ou quatre mètres;
  3. sa bague de focus fait le point où on le souhaite à partir de 2 mètres environ et jusqu’à plus de 50 mètres;
  4. il produit un incroyable flou (bokeh) au delà du sujet, mais aussi en amorce sur les éléments en avant plan.

Ses usages sont donc variés. A condition, bien sûr de profiter de pas de lumière, l’ajout d’un objectif complémentaire en « consommant » un peu forcément. Et à condition d’accepter une certaine déperdition de piqué et des couleurs un peu moins fidèles à longues distances. En particulier quand on utilise le 400mm devant le téléobjectif des smartphones qui dispose de deux ou trois optiques : on obtient alors un grossissement proche du  800mm. La preuve ci-dessous avec un iPhone 8 Plus équipé du 400mm d’abord sur son optique de base (28mm) puis sur son 50mm.

Enfin pas question d’utiliser ce télé à mains levées ni même sur un stabilisateur : n’en déplaise aux journalistes mobiles, à cette focale le moindre contact avec le téléobjectif ou le smartphone se traduit par un beau tremblement de l’image. Ce n’est pas un hasard si les meilleures optiques pour DSLR ou caméra sont toutes stabilisées. Moralité, le Sirui 400m, vendu moins de 150€ sur Amazon, est idéal pour la smartphonographie et pour les plans vidéos tant qu’ils sont parfaitement fixes sur un bon trépied. Mais n’essayez pas de filmer un transfert de point : même avec beaucoup de doigté, l’image tremblera immanquablement quand vous tournerez la bague de focus.

Laurent Clause

Laurent Clause

Journaliste par vocation, spécialiste des nouvelles technologies depuis la fin des années 80, je suis devenu réalisateur d'images et formateur, formateur vidéo smartphone en particulier. J'interviens avec ma société Milledix ainsi notamment qu'à Gobelins l'Ecole de l'Image, Sciences Po Paris et pour le groupe CapCom. J'enseigne l'écriture audiovisuelle, le montage avec FCP X ou Adobe Premiere Pro, et je forme à la vidéo-mobile, au MoJo (mobile journalism), au tournage avec Filmic Pro, Open Camera ou autres et au montage notamment avec LumaFusion, Adobe Rush et Kinemaster.

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