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Les nouveautés Mojo s’annoncent au NAB

Au salon américain du son et de la vidéo, il y avait un « Mobile Film Maker Pavillion » où LumaTouch et Filmic notamment, ont annoncé de formidables avancées de leurs produits respectifs… pour concurrencer toujours plus sérieusement les matériels et outils logiciels traditionnels.

Rendez-vous des professionnels du son, le salon américain NAB accueillait cette année encore de nombreux acteurs de la galaxie MoJo . Ceux à cheval sur les univers broadcast et mobile, comme Saramonic qui y montrait pléthore d’accessoires destinés aussi aux smartphones ou Rode qui y présentait son nouveau système HF Wireless Go. Mais aussi les acteurs 100% Mojo, dans un espace dédié -le « Mobile Film maker Pavillion »- : Gnarbox, Movi ou encore Luma Touch (éditeur de l’appli de montage iOS Luma Fusion) et Filmic Inc (celui de l’appli caméra iOS/Android Filmic Pro).

Et le moins qu’on puisse dire c’est que les annonces respectives des deux champions des applis MoJo ne sont pas passées inaperçues malgré la masse de nouveautés traditionnellement présentées sur le salon. Révolution bien plus qu’une avancée, le premier a présenté la version 2.0 de Luma Fusion qui sera lancée d’ici l’été. Je fais partie des bêta testeurs de Luma Fusion et je vous avais déjà parlé d’une de ses nouvelles fonctions, l’export des montages vers FCP X via un fichier fcp.xml. J’étais loin de soupçonner la principale nouveauté de cette v2 : la multiplication par deux des pistes exploitables ! A l’heure actuelle, Luma Fusion traite 3 couches audio/vidéo plus 3 couches audio, ce qui suffit à la plupart des « pastilles » vidéo. Quand il s’agit d’inclure un logo d’angle d’un bout à l’autre du projet alors qu’on a utilise déjà les trois pistes vidéo, l’astuce consiste à exporter le montage puis à ouvrir la vidéo exportée dans un nouveau projet où l’on bénéfice alors de deux nouvelles pistes vidéo. C’est fini avec la v2 qui propose  6 pistes audio/vidéo + 6 pistes audio. Les logiciels tels FCP X ou Adobe Premiere n’ont a priori pas de limites en termes de pistes/couches, si ce n’est pas la puissance matérielle de l’ordinateur qui les exploite. Mais disons-le franchement, à moins de vouloir se lancer dans un long format télé de 26 ou 52 minutes, avec ces douze pistes Luma Fusion 2.0 concurrence maintenant vraiment les outils informatiques pour une large part des réalisations.

Cette v2 inclut aussi un « track header » juste en dessous de la fenêtre de visualisation de la vidéo, qui n’est pas sans rappeler la touch bar des MacBook Pro pour se déplacer rapidement dans un projet sans faire glisser la timeline. Ainsi que des marqueurs et un système d’annotations pour commenter/corriger les montages. Luma Touch a aussi annoncé la possibilité de travailler sur un écran externe, bien pratique pour afficher la timeline et les options de l’application en grand quand on monte depuis un smartphone !

Autre surprise côté Filmic Pro. Au delà de la comptabilité de l’appli avec le stabilisateur Movi Cinema Robot X (dénommé auparavant Freefly Movi) depuis une mise à jour récente, Filmic a annoncé au NAB une nouvelle application, Filmic Audio. Celle-ci utilise un smartphone pour enregistrer l’audio de façon déportée. Concrètement, cet iPhone enregistreur audio est lié via une liaison Wifi ad hoc (c’est à dire entre les deux smartphones celui qui filme avec Filmic Pro et celui qui prend le son) sans réseau Wifi. Déclencher l’enregistrement de la vidéo, déclenche l’enregistrement du son sur l’autre iPhone qui se comporte ainsi comme un enregistreur déporté. En fin d’enregistrement, le son est rapatrié automatiquement sur l’iPhone caméra, synchronisé avec les images. Le procédé fait penser au Memory Mic de Sennheiser, mais le micro/enregistreur est remplacé ici par un smartphone, l’appli caméra restant Filmic Pro ! Je n’ai bien évidemment pas encore testé ce Filmic Audio annoncé pour dans quelques semaines, mais la promesse est claire : s’affranchir des dispositifs HF -qui, certes, se miniaturisent et baissent de prix à l’image du Rode Wireless Go– en utilisant simplement une connexion Wifi. De quoi inviter gentiment les fabricants de microphones à se recentrer sur leur métier de base, la conception de bonnes capsules de prise de son,  en laissant de côté tout l’aspect transmission que nos compagnons mobiles se font fort de prendre en charge..

Laurent Clause

Laurent Clause

Je suis journaliste par vocation, spécialiste des nouvelles technologies depuis la fin des années 80, tout particulièrement de celles liées à la création et à la communication. Réalisateur via ma société Milledix, je suis aussi formateur : à Gobelins l'Ecole de l'Image, à Sciences Po Paris, pour le groupe CapCom ou ma société Milledix, j'enseigne l'écriture audiovisuelle, le montage avec FCP X ou Adobe Premiere Pro et surtout la vidéo-mobile (tournage et montage sur smartphone).

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